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27 mai

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C’était un 27 mai…

1802 : Le reste des prisonniers de la colonne d’Ignace sont fusillés à Fouillole en bord de mer. Leurs corps sont jetés à l’eau.


1848 : La 2eme abolition de l’esclavage est proclamée en Guadeloupe par le gouverneur Layrle.

En ce matin du 27 mai 1848, le gouverneur reçoit une députation à 6h00 du matin, (délégation de représentants de la ville de Pointe-à-Pitre envoyée la veille par son conseil municipal  ayant voté pour la demande de l’abolition de l’esclavage auprès du gouverneur Layrle).

“Elle est sollicitée comme moyen de salut public. »

Proclamation du maire. 

Le conseil municipal de Pointe-à-Pitre convoqué le 26 mai à midi en séance extraordinaire.

Le maire donne lecture des pièces officielles reçues de la Martinique :

1er la proclamation du gouverneur M. Rostoland du 22 de ce mois, demandant le concours des honnêtes gens pour réprimer les désordres.

2ème d’une autre du maire de St. Pierre demandant le même concours et annonçant que le conseil municipal vient de demander au gouverneur l’abolition de l’esclavage.

Deux propositions, celle du Maire donne la paix et la seconde la guerre et la guerre civile.

Proclamation du maire de Pointe-à-Pitre :

“Je conçois les alarmes en présence des évènements graves et des malheurs déplorables dont notre sœur, la Martinique vient d’être le théâtre : mais rassurez-vous, il ne sera pas dit que l’esprit de sagesse et de modération dont la classe esclave de la population jusqu’ici fait preuve restera sans récompense : il ne sera pas dit que nous abuserons de ce bon esprit ou de notre force pour retarder plus longtemps le bienfait de la liberté.

Le maire, Champy.”

“En présence de ces faits qui font naître l’impossibilité de maintenir plus longtemps ici le régime de l’esclavage, le Gouverneur propose de prononcer l’émancipation immédiate des esclaves de la Guadeloupe.

A l’unanimité le conseil privé appuie cette mesure devenue d’une indispensable nécessité dans la situation actuelle de la colonie.

Le gouverneur décide que nulle disposition répressive ou restrictive n’accompagnera la proclamation de la liberté.”

Sources : 

-Pointe-à-Pitre, Urbanisme et architecture religieuse, publique et militaire XVIIIè et XIXè siècles.

-Délibérations du Conseil privé, séance du 27 mai 1848

-Gazette officielle de la Guadeloupe : 31 mai 1848

-Société d’Histoire de la Guadeloupe :


1967 : Deuxième jour de révolte syndicale et ouvrière dans Pointe-à-Pitre. La lutte et la répression s’étendent jusque dans les faubourgs de la ville.

Témoignages en podcasts sur Mé 67 sur La Médiathèque Caraïbe

Rapport de la Commission d’information et de recherche historique sur les événements de décembre 1959 en Martinique, de juin 1962 en Guadeloupe et en Guyane, et de mai 1967 en Guadeloupe.

Fresque dont la maquette est signée de l’artiste Sanmyel, installée en 2007 sur la droite du mur d’enceinte du collège Nestor de Kermadec et restaurée en 2020 leur rend hommage.
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26 mai

Lecture : 3 min.

C’était un 26 mai…

1802 : 100 prisonniers faisant partie de la colonne d’Ignace, luttant contre le rétablissement de l’esclavage, sont fusillés sur la place de La Victoire.

Le monument au “sang chaînes, 100 chaînes, sans chaîne”, situé sur le sud-ouest de la place, leur rend hommage.

1848 : Ce jour-là, un conseil municipal extraordinaire est convoqué à midi à Pointe-à-Pitre par le maire Théodore Champy. Le maire donne lecture de documents officiels en provenance de la Martinique : proclammation du gouverneur de Rostoland, lettre du maire de St-Pierre proclammant l’abolition de l’esclavage. 

T. Champy propose une demande similaire au gouverneur de Guadeloupe. 

L’abolition sera proclamée le lendemain, le 27 mai 1848, par le gouverneur Jean-François Layrle par crainte de soulèvement populaire. En effet, depuis plusieurs mois la tension se fait sentir à Pointe-à-Pitre…Le 6 mai 1848, « Le journal l’Avenir fait allusion à une émeute provoquée par l’arrestation d’un « nègre marron » sur les quais de la ville de Pointe-à-Pitre. Le conseil municipal est sensible à cette tension. Son inquiétude s’accroît à la nouvelle des évènements dramatiques de St-Pierre : devant l’émeute des esclaves et des libres de couleur, le gouverneur Rostoland a dû proclamer l’émancipation, anticipant sur les décisipons de Paris. »

Ce n’est que le 7 juin 1848 que le décret d’abolition de l’esclavage arrivera à la Darse par bateau depuis la Martinique, porté par le général Gâtine.

De nos jours, une rue porte le nom de Champy et le quai Est (devant l’ex Forum Caraïbe) porte le nom de Gâtine.

Sources : 

-Histoire des Communes Antilles-Guyane. 

-Pointe-à-Pitre, Urbanisme et architecture religieuse, publique et militaire XVIIIè et XIXè siècles.


1967 : A lieu une révolte ouvrière et syndicale place de La Victoire : Des négociations salariales se déroulent entre les syndicats ouvriers et le patronat à la chambre de commerce (aujourd’hui CTIG) notamment sur des salaires, sans succès. Vers 15h, les évènements dégénèrent. Les militaires sont envoyés en renfort depuis la base de la Martinique. Ils tirent à balles réelles sur les civils tandis qu’ils utilisent notamment des conques de lambis. Officiellement, une 60aine de syndicalistes et ouvriers sont tués dont Jacques Nestor (26 ans). Ces évènements dramatiques sont connus sous le nom de « Mé 67« .

Témoignages en podcasts sur Mé 67 sur La Médiathèque Caraïbe

Rapport de la Commission d’information et de recherche historique sur les événements de décembre 1959 en Martinique, de juin 1962 en Guadeloupe et en Guyane, et de mai 1967 en Guadeloupe.

Le monument au “sang chaînes, 100 chaînes, sans chaîne”, situé sur le sud-ouest de la place, leur rend hommage ainsi qu’une fresque dont la maquette est signée de l’artiste Sanmyel, sur la droite du mur d’enceinte du collège Nestor de Kermadec, installée en 2007 et restaurée en 2020.

Sources : témoignages.

Fresque dont la maquette est signée de l’artiste Sanmyel, sur la droite du mur d’enceinte du collège Nestor de Kermadec, installée en 2007 et restaurée en 2020
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le 25 mai 1802

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Statue d’Ignace indiquant la direction de Baimbridge, rond-point Ignace, boulevard des Héros, Abymes.

Joseph Ignace, officier des troupes républicaines, et ses compagnons luttant contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe seront fusillés près de Pointe-à-Pitre, au fort de Baimbridge; la tête de Joseph Ignace (défigurée par une arme à feu) est ensuite présentée à plusieurs endroits de Pointe-à-Pitre.

Sources :  Pointe-à-Pitre, Urbanisme et architecture religieuse, publique et militaire XVIIIè et XIXè siècles.
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8 mai 1945

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Le croiseur Jeanne d’Arc stationné face aux quais de Pointe-à-Pitre.

Le 8 mai marque la fin de la 2ème guerre mondiale.
De nombreux guadeloupéens ont participé au conflit, à la dissidence et à la résistance.
1939 marque l’arrivée de l’amiral Robert (chef du théâtre d’opérations de l’Atlantique-Ouest) sur le croiseur Jeanne d’Arc.
Le Jeanne d’Arc sera stationné face aux quais de Pointe-à-Pitre durant toute la guerre et sera chargé, notamment, de surveiller la dissidence, dont beaucoup de guadeloupéens ont fait partie, en passant par la Dominique ainsi qu’aux U.S.A. via les îles antillaises anglophones du nord avant de rejoindre l’Europe et le front.
Le 30 avril 1940, Constant Sorin est nommé Gouverneur en Guadeloupe par Georges Mandel.
La période Sorin connue en Guadeloupe sous le nom « An tan Sorin » a été pour les seniors une période marquante de leur enfance.
En effet, elle était synonyme de disette mais aussi d’ingéniosité afin de limiter les effets du blocus par les navires de l’armée allemande dans l’Atlantique. Le recyclage d’objets et autres matériaux était de rigueur.
La consommation de fruits à pain et les récoltes issues de jardins vivriers y compris dans Pointe-à-Pitre (où presque chaque maison avait sa cour et son arbre à pain) étaient de mise.
La place de la Victoire devient place du maréchal Pétain. Elle sera rebaptisée place de La Victoire à la fin de la guerre.
Le 15 juillet 1943, la Guadeloupe se rallie au général de Gaulle.
Le gouverneur Sorin et l’amiral Robert sont démis de leurs fonctions par le Comité Français de la Libération Nationale (CFLN).
L’armistice du 8 mai 1945 marque la fin de la seconde guerre mondiale.
De nombreux guadeloupéens ont perdu la vie durant ce conflit.
En 1957, le monument aux forces françaises libres (comportant une croix de Lorraine) fut inauguré sur la place Camille Desmoulins (aujourd’hui « place du Bâtonnier Lative ex place Camille Desmoulins »).



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Un théâtre sur la place

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En 1827, un théâtre fut construit au nord de la place de La Victoire, à l’emplacement de l’actuel kiosque à musique.
Il fut détruit en 1843 par le tremblement de terre.
Un autre théâtre fut construit dès 1857 sur l’emplacement de l’ancien théâtre détruit en 1843. Il sera inauguré en 1862.
Des décorations peintes seront réalisées par l’artiste guadeloupéen Armand Budan. Il était richement décoré de boiseries sculptées, de sièges et rideaux de velours rouge et de fresques.
Le foyer du théâtre servira notamment de salle pour les représentants de la ville, les maisons utilisées pour se réunir, rue Achille René-Boisneuf, ayant été détruites lors de l’incendie de 1871.
Construit tout en bois, il sera à son tour détruit par le feu en 1882.

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Le tremblement de terre du 8 février 1843

Lecture : 3 min.

Il y a 178 ans, un séisme majeur (magnitude estimée à 8,5 sur l’échelle de Richter) est ressenti en Guadeloupe. La secousse est perçue très loin aussi bien au sud à Caracas et Cayenne, qu’au nord des États-Unis. Il est suivi à Pointe-à-Pitre d’un incendie qui dure près d’une semaine. Les pertes humaines et matérielles sont considérables. Voici le témoignage d’un Pointois d’il y a de ça 7 générations, M. Eugène Testut, directeur d’école dans la ville (témoignage publié fin février 1843 dans Le Journal de la Martinique).

« Courage, ma plume, courage, car je frémis !… » écrit Eugène Testut, retranscrivant « la lugubre histoire de cinq ou six jours d’éternelle, de sanglante mémoire ».

« Le 8 février s’est levé… et la Pointe-à-Pitre si laborieuse, si riche, si coquette, si confiante, s’est abîmée avec d’horribles craquements : 2 minutes ont suffi pour en faire un monceau de ruines méconnaissables, pour faire de ses nombreux et riches habitans des cadavres hideux, des estropiés, ou des malheureux sans toit, sans pain ! ».

Le cadran de l’église de Pointe-à-Pitre était encore debout, ce 8 février 1843, pour indiquer l’heure du désastre : 10h35. Les aiguilles restèrent figées, fascinant les témoins du tremblement de terre qui ravagea la Guadeloupe : « les horloges restées debout ne donnaient plus les heures, le tremblement de terre avait arrêté leurs aiguilles à dix heures trente cinq minutes, heure fatale, heure à jamais mémorable ! ».

Mémorable, le séisme fut suivi d’un terrible incendie qui « allait toujours étendant ses ravages, dévorant de nouvelles victimes » ainsi que de nombreuses secousses décrites comme « le corps du moribond qui rend les derniers soupirs ». La nouvelle n’arriva en métropole qu’un mois plus tard. Le bilan fait état de presque 3000 morts : « Le tremblement de terre du 8 février et l’incendie instantané qui a eu le courage de venir brûler des ruines (…) sont un de ces épouvantables bouleversements que nous redirons à nos derniers neveux qu’ils ne nous croiront pas ! […] ».

Il faut savoir que l’épicentre se trouvait entre Anse-Bertrand et l’île d’Antigue. L’évènement détruisit de nombreux édifices dont l’église (la 4ème, située à l’emplacement actuel de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul). Il fut décidé de reconstruire une église ainsi que le presbytère sur les mêmes emplacements et dont les travaux (de la nouvelle église) débutent le 29 décembre 1847 pour se terminer en 1850.

La ville a perdu toutes ses archives d’état civil et les recrée dès le 26 février 1843.

La reconstruction de Pointe-à-Pitre se fait sur de nouvelles bases, notamment avec la construction de murs coupe-feu construits entre chaque maison, des rez-de-chaussée en maçonnerie et les étages en bois.

Un séisme qui a marqué les mémoires puisqu’il détruit une bonne partie de la ville de Pointe-à-Pître en faisant 3000 morts et 1500 blessés au sein d’une population beaucoup plus importante qu’aujourd’hui puisqu’elle s’élevait à près de 22 000 habitants (15 000 aujourd’hui). On pense que 1100 des 1400 habitations dénombrées dans la ville ont été détruites. 

L’histoire a retenu que le Gouverneur de l’époque, l’Amiral Gourbeyre, informé du désastre survenu à Pointe-à-Pitre, se rend immédiatement sur les lieux, en compagnie du médecin en Chef et de chirurgiens de l’Hôpital Militaire de Basse-Terre. Le Docteur Arnoux, chirurgien de marine, installe un Hôpital de campagne sur l’actuelle Place de la Victoire et procède, avec son équipe, à des centaines d’amputation, parfois avec des scies égoïnes, ne disposant pas du matériel adéquat. Le risque de tétanos étant alors très fort; on craint même une épidémie de choléra avec tous les corps en putréfaction sous les décombres.
Le Maire de Pointe-à-Pitre, Jean-Antoine Champy, prend alors un Arrêté pour mettre en place des équipes chargées de ramasser les bras et jambes amputés, ainsi que les cadavres, pour les brûler sur le Quai de la Martinique ou pour les jeter dans le Canal des Saintes ou dans la mangrove proche de l’actuel Jarry.
Le Gouverneur Gourbeyre organise lui-même les secours et la gestion de crise. Il est aussi à l’origine de la reconstruction de la ville. Un chantier où il ne s’épargne aucune peine. Il en mourra d’ailleurs. Mais les Pointois et la Guadeloupe lui en seront reconnaissants puisque la place qui sépare l’église Saint Pierre et Saint Paul et le tribunal de Pointe-à-Pitre, porte son nom ainsi que la section qui portait jusque là le nom de « Dos d’Âne » et qui, depuis, est devenue la commune de Gourbeyre.

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Le boulevard Faidherbe

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La fin du canal des boulevards :

A la fin des années 1960, le canal situé sur les boulevards Hanne et Faidherbe est canalisé dans une buse courant le long de la route, sous les boulevards.

La nature marécageuse des sols rend complexe la conception de la buse en béton, mais sa réalisation a pu aboutir.

Elle a permis d’absorber durant des décennies, les eaux pluviales des mornes alentours, comme à l’origine de l’histoire de la ville avec la construction de l’ancien canal Vatable et d’autres canaux (d’où son ancien surnom de « Venise des Antilles »), montrant ainsi sa perpétuelle lutte contre la montée des eaux des villes qui ont gagné leur espace vital sur la mer.

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On dé pyès kaz

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Les « on dé pyès kaz » étaient transportées depuis les campagnes sur des cabrouets (charrettes) jusque dans les faubourgs proches et lointains de Pointe-à-Pitre.
Elles étaient posées sur un socle de moellons et autres matériaux afin d’éviter les inondations par temps de pluies et de cyclone. Selon les dimensions de la parcelle, elles étaient orientées de face ou de côté.
Photo 1. Vue générale de la façade.
Photo 2. Détails du socle rocheux.
Photo 3. Frise en bois sculpté démontrant la volonté de montrer, pour le propriétaire, son statut social auprès des voisins.
Photo 4. Porte ouvrant sur un ancien couloir traversant et rejoignant la rue parallèle.