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La Conférence de la Guadeloupe de 1979

Avec le contexte de la guerre au “Moyen Orient” en 2026, il est bon de rappeler des éléments du passé…parce qu’il y a toujours un contexte…

1979 : la Guadeloupe au cœur d’une décision géopolitique majeure.

Du 4 au 7 janvier 1979, la Guadeloupe devient le théâtre d’un sommet discret mais décisif de la Guerre froide : la Conférence de la Guadeloupe. Pendant plusieurs jours, les dirigeants occidentaux y débattent de crises internationales majeures, dont une en particulier va marquer l’histoire : celle de l’Iran.

Les grandes puissances réunies.
Autour de la table se retrouvent quatre dirigeants clés :

-Valéry Giscard d’Estaing (France);
-Jimmy Carter (États-Unis);
-Helmut Schmidt (République Fédérale d’Allemagne ou Allemagne de l’Ouest);
-James Callaghan (Royaume-Uni)

© Inconnu, au Maud’huy à Saint-François, Guadeloupe – janvier 1979.
Collection privée

Officiellement, la rencontre est informelle. En réalité, elle vise à harmoniser les positions occidentales face à des crises stratégiques.

Décembre 1978 : la chute du Shah déjà actée

En amont du sommet, la décision est presque prise.
Dans les derniers jours de décembre 1978, les États-Unis concluent que le régime du Shah est condamné. À moins d’un coup de force, jugé improbable et inefficace, le maintien au pouvoir de Mohammad Reza Pahlavi apparaît impossible.

Même si certains responsables, comme Zbigniew Brzezinski, souhaitent encore garder toutes les options ouvertes, un compromis s’impose rapidement : le Shah doit quitter le pouvoir.

Londres et Washington sur la même ligne.

La presse financière londonienne souligne également un point clé :

La stabilité de l’Iran est plus importante pour l’Occident que le maintien d’un monarque.

Ainsi, au début de janvier 1979, les États-Unis et le Royaume-Uni partagent une même stratégie : accepter la fin du régime impérial pour préserver leurs intérêts.

La Guadeloupe : valider une décision déjà prise.

Le sommet de la Guadeloupe devient alors un lieu de validation politique.
L’objectif principal est clair : faire entériner cette position par la France et la République Fédérale d’Allemagne (Allemagne de l’Ouest).

Pendant la conférence, les quatre dirigeants s’accordent sur l’impossibilité de maintenir le Shah au pouvoir et suggèrent son départ rapide.

Une conséquence immédiate et historique.

Quelques jours après la conférence, le Shah Mohammad Reza Pahlavi quitte l’Iran le 16 janvier 1979, précipitant la chute de son régime et ouvrant la voie à la révolution iranienne.
Dans le contexte de la révolution islamique de 1979, Khomeini fonde alors la République islamique d’Iran, dont il devient le Guide suprême. Après quinze années passées en exil et à la suite de la chute du Shah, il retourne en Iran le 1er février 1979 à bord d’un avion d’Air France.
Son exil d’Iran était dû à son opposition au shah, Khomeini s’exile d’abord en Irak puis en France, à Neauphle-le-Château.

© France Télévision – Maud’huy, Saint-François, Guadeloupe – janvier 1979

La Guadeloupe, carrefour discret de l’histoire mondiale.

Organisée à l’habitation Maud’huy à Saint-François, loin des grandes capitales, la rencontre permet des échanges confidentiels dans un cadre contrôlé.

Pendant quelques jours, la Guadeloupe devient ainsi un centre décisionnel mondial, où une orientation géopolitique majeure est confirmée.

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