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Histoire

Fond Laugier

Fond Laugier est un des quartiers les plus anciens de Pointe-à-Pitre.
Témoin de la mutation de la zone pour des besoins d’habitats, la ville n’a cessé de gagner sur des terres marécageuses et des mornes environnants.

Situé à l’Est du centre-ville au-delà de la rue Vatable, le quartier reccueille les eaux pluvieuses des Mornes Jolivières, Massabielle et La Loge.
A partir d’août 1807, le Gouverneur Ernouf propose l’aménagement de ce futur quartier par-delà la rue Verte (future rue Vatable).

© ANOM _ 1818
Trait blanc : limites communales,
En rouge : habitation Lapotterie,
En mauve : emplacement de l’école Raymonde Bambuck,
En jaune : Morne La Loge,
En fuchsia : emplacement de l’église Massabielle

Mais les travaux importants se tiendront sous la municipalité d’Armand Hanne, du Gouverneur Léonce Laugier et d’Alexandre Isaac, Directeur de l’intérieur au début des années 1880.
A noter qu’une zone lacustre se trouvait au niveau du Faubourg Victor Hugo (devant l’étude Massabielle).
L’habitation Lapotterie, s’étalant du futur Morne Jolivière au Morne La Loge en passant par le futur Morne de l’Hôpital, occupait une vaste zone avant la délimitation officielle le 8 octobre 1840 entre Pointe-à-Pitre et les Abymes.
En 1864, la loge maçonnique « Les Disciples d’Hiram » achète le lieu-dit « Morne La Loge » ou encore « Lapotterie » dans les mains du propriétaire monsieur Saint-Félix Blancan.
En 1954 la loge maçonnique « Les Disciples d’Hiram » et « La Paix » fusionnent et deviennent « Les Disciples d’Hiram et La Paix Réunis » avant que cette dernière ne revende les terrains en 1974 à la ville de Pointe-à-Pitre.
Vers le milieu des années 1950, la ville achète des parcelles de l’ancienne habitation afin d’y faire édifier une école qui deviendra l’école Raymonde Bambuck.

© Patrimoine Pointois
Vue de Fond Laugier

Durant la même période, Fond Laugier et la Cour Selbonne voient affluer des faubourgs situés face au quartier Dino des musiciens et le Mas à Senjan.
De nombreuses cours seront habitées et utilisées par ces génies de la musique.
Le Faubourg Alexandre Isaac lui-même va accueillir bon nombre d’entre eux rentrant dans la légende de la musique Guadeloupéenne.

Les limites communales, aujourd’hui virtuelles, correspondent à d’anciens mornes découpés.
De nos jours, la ville de Pointe-à-Pitre possède deux grandes parcelles au bout de Fond Laugier, vers les carrières de tuf de Fond Laugier sur la commune des Abymes, traces historiques de l’habitation Lapotterie.

Sources :
Recherches de David Gregoire aux archives municipales et sur le site de l’ANOM;
Tome 2 « Des îlets à la Place de La Victoire » de série « La Pointe hier et aujourd’hui » de Maryse Rinaldo et David Gregoire.