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Charles BOISEL et la photographie à Pointe-à-Pitre

Né le 1ᵉʳ janvier 1885 à Port-Louis, Charles BOISEL mène une carrière éclectique.
Passionné de philatélie, il occupe tour à tour les fonctions de conservateur de bibliothèque à Pointe-à-Pitre, représentant de commerce. Il est aussi l’un des photographes et éditeurs majeurs de cartes postales de la 1ere moitié du 20e siècle.

Installée au 6 bis rue Sadi Carnot à Pointe-à-Pitre, la « maison Charles Boisel » se distingue par une activité diversifiée : elle produit des photographies artistiques et des cartes postales illustrées, tout en commercialisant des phonographes (dont on pouvait apercevoir un panneau sur la façade présentant la publicité « La voix de son maître » illustrée par un chien, un Jack Russell terrier, écoutant un phonographe à cylindre Edison-Bell), des disques, des accessoires, ainsi que des motocyclettes.
Charles BOISEL tiendra également une boutique de matériel dédié à la photographie à l’angle de la rue de l’Eglise et de la rue Barbès.

Signature de Charles BOISEL
Signature de Charles BOISEL

Très proche d’Edgard LITTÉE, il reprend, après le décès de ce dernier et avec l’accord de sa veuve Fanny, l’exploitation des clichés « PHOS » , qu’il intègre à sa propre production. Cette collaboration explique la présence de la mention « Cliché Phos, Édition Boisel » sur certaines cartes postales.
Son œuvre comprend notamment une série particulièrement remarquable consacrée au cyclone de 1928.

Crédit : Charles BOISEL – 1928

Pour les fêtes du tricentenaire du rattachement de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique à la France en 1935, il réalise une série de photos/cartes postales détacheables dans des albums collectors comme « La Guadeloupe vu par Charles BOISEL »

Page de couverture d’un album – Crédit : Charles BOISEL
Crédit : Charles BOISEL – Circa 1927

Dès 1936, il réalise une série de photographie aérienne de nombreuses communes de l’archipel Guadeloupéen telles Le Moule, Capesterre-Belle-Eau, Grand-Bourg…à bord d’un hydravion « F.B.A. » au départ du slip* de Fouillole. Il marque ainsi le début de la photo aérienne en Guadeloupe, bien avant l’apparition des drones près de 90 ans avant sous le titre « Guadeloupe et Dépendances (Île d’Emeraude) » suivi du nom de la commune.

Hydravion F.B.A. posé sur le slip* de Fouillole – 1936 – Crédit : Charles BOISEL
Basse-Terre – 1936 – Crédit : Charles BOISEL

Charles Boisel décède en juillet 1974 à Vernou (Petit-Bourg) et est inhumé au cimetière de Pointe-à-Pitre.

Trop souvent, les œuvres de celles et ceux qui nous ont précédés sont utilisées sans que leurs auteurs soient mentionnés.
Prenons le temps de rendre hommage à ces photographes guadeloupéens entrés dans la postérité, qui nous ont légué un patrimoine inestimable de la Guadeloupe an tan lontan.

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*slip : Plan incliné pour mettre à l’eau ou pour haler à sec des bateaux ou des hydravions au moyen de cordes

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Sources : « Des îlets à la Place de La Victoire » de Maryse RINALDO et David GREGOIRE, archives et collections privées