
George Tarer, née George Tacite le 5 juin 1921 à Morne-à-l’Eau, demeure l’une des grandes figures féminines et sociales de la Guadeloupe. Décédée le 25 avril 2026 à l’âge de 104 ans aux Abymes, elle laisse l’image d’une femme engagée, pionnière et profondément attachée à la dignité humaine.
Voir notre article de 2021
Issue d’une famille politiquement consciente et sensible aux questions sociales, elle grandit dans un environnement favorable à l’engagement citoyen. Elle part étudier au Cours Michelet à Pointe-à-Pitre. Initialement destinée à l’enseignement, la Seconde Guerre mondiale et la politique du gouverneur Constant Sorin bouleversent son parcours. Elle choisit alors la voie de la santé et devient sage-femme, sortie major de promotion en 1944 de l’école de sage-femmes à l’hôpital général de Pointe-à-Pitre créée par Sorin.
Elle exercera durant 37 ans au Centre hospitalier de la Guadeloupe, devenant surveillante générale du service maternité. Par son travail, elle accompagne plusieurs générations de femmes et contribue à moderniser la gynécologie-obstétrique dans l’archipel.
Mais George Tarer ne limite pas son action au domaine médical. Confrontée aux souffrances sociales, conjugales et économiques des femmes qu’elle rencontre, elle s’engage pleinement dans la défense de leurs droits.
Co-fondatrice puis présidente de l’Union des femmes guadeloupéennes entre 1976 et 1985, elle milite pour l’égalité, l’émancipation féminine et la protection des enfants. Son engagement féministe s’accompagne d’une implication politique durable au sein du mouvement communiste guadeloupéen.
Élue adjointe au maire de Pointe-à-Pitre sous Hector Dessout puis Henri Bangou, elle participe activement au développement social de la ville. On lui attribue notamment la création de crèches municipales, la mise en place d’actions de prévention contre la délinquance, de services de téléassistance et de la Maison du citoyen pointois. Surnommée « la dame qui fait », elle incarne une politique concrète tournée vers l’amélioration du quotidien.
En 1967, elle est un témoin de premier plan dans les évènements tragiques qui se déroulent à Pointe-à-Pitre.
Témoignage de George Tarer sur Mai 67 pour Lameca
Membre du parti Communiste, George Tarer va voyager à travers le monde (communiste) :
Cuba en 1959 suite à l’accession au pouvoir de Fidel Castro; Prague (Rep. Tchèque) en 1961 pour le congrès des syndicats de l’internationale ouvrière; Moscou dans les années 1970; à Berlin en 1975 lors du Congrès international des femmes; en URSS dans les années 1980…toujours accompagnée de son mari Pierre Tarer, son soutien indéfectible.
Tout au long de sa vie, George Tarer reçoit de nombreuses distinctions, dont les grades de chevalier, officier puis commandeur de la Légion d’honneur en 2019. Cependant, au-delà des récompenses, son héritage repose surtout sur son courage, son énergie et sa fidélité à ses idéaux. Mère de sept enfants, femme élégante et respectée, elle restera dans la mémoire collective comme une « femme doubout », droite et debout jusqu’au bout.
George Tarer incarne ainsi un siècle de combats sociaux, médicaux et politiques en Guadeloupe. Son parcours exceptionnel rappelle combien l’engagement individuel peut transformer durablement une société.

- En 2006, le conseil municipal de Pointe-à-Pitre a décidé de donner le nom de George Tarer à la salle polyvalente de Lauricisque, tout juste rénovée et située à l’emplacement aproximatif du dispensaire de la Cite-Transit.
- Vers 2013, une rue porte son nom dans le centre-ville de sa ville natale Morne-à-l’Eau (Guadeloupe)
- Le 3 décembre 2017, la ville de Pointe-à-Pitre inaugure la résidence Pierre Tarer, rue François Arago, face à la rue Dugommier. Voir Calameo
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