Chaque année, le 31 mai marque la date anniversaire de la fondation de la ville de Pointe-à-Pitre.
En effet, c’est le 31 mai 1764 que le gouverneur François Charles de BOURLAMAQUE émet une ordonnance pour la création d’un bourg situé sur le Morne Renfermé (emplacement actuel correspondant : au Quartier du Port / aux rues Achille René Boisneuf, Delgrès et Peynier).
Son premier nom est « La Ville du Morne Renfermé ».
La génèse :
Le Bourg de la Plaine Saint-Roch est détruit par un « coup de vent ». Il est prévu de le reconstruire vers 1759 mais en pleine Guerre des sept ans, le projet est avorté.
Voir l’article : La Marina de Pointe-à-Pitre : un quartier récent aux racines anciennes
Fin 1763, dans le but de développer une ville à l’emplacement du Morne Renfermé, le gouverneur demande à des ingénieurs hydrographes et militaire d’étudier les avantages et inconvénients du site : profondeur de la baie, tracé des côtes, type de sols…
Ce choix est dû au fait que sous l’occupation anglaise de la Guadeloupe de 1759 à 1763 (10/02/1763 Traité de paix de Paris mettant fin à la Guerre des 7 ans), des cases de pêcheurs et des comptoirs commerciaux avaient été installés sur l’arrête étroite du Morne.
Ce Morne sera par la suite arasé : le monticule sur lequel le lycée Carnot se trouve en est le vestige.

Le contexte du Traité de Paris de 1763 : La Grande Louisiane est cédée à l’Espagne (côté Est du fleuve Mississipi + La Nouvelle-Orléans) et à la Grande-Bretagne (côté Ouest du Mississipi, derrière les treize colonies britanniques) mais aussi des îles des Petites Antilles comme Sainte-Lucie, Tobago, La Dominique, Grenade.
En Amérique du Nord, le Canada, l’Acadie et la Région des Grands Lacs. Le tout au profit de la Grande-Bretagne.
L’ensemble de ces terres représentent la majeure partie du premier empire colonial de la France. Seules la Guadeloupe et la Martinique lui sont restituées, en effet elles représentent un poids considérable dans l’économie de la France, de part le commerce du sucre.

Patrimoine Pointois ©
Revenons sur la côte sous le vent* de l’île de la Grande-Terre, en février 1764, le gouverneur envoie une lettre au Roi comportant la solution retenue par ses soins pour l’établissement d’une nouvelle ville, mais la lettre reste sans réponse. C’est suite à cela que le gouverneur ordonne la création du bourg à l’emplacement cité plus haut.

La suite dans la vidéo…
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*La côte sous le vent de l’île de la Grande-Terre se situe à l’Est de l’île, de Port-Louis au Nord à Pointe-à-Pitre au Sud en passant par la Rivière-Salée.
Pour aller plus loin :
Université d’Ottawa, Canada
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Sources :
« Pointe-à-Pitre, Urbanisme et architecture religieuse, publique et militaire XVIIIe-XIXe siècles« , Bruno Kissoun;
France Mémoire;
Recherches complémentaires et cartes : David Gregoire, Guide-Conférencier.