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Louis-Gaston de Sonis

Né à Pointe-à-Pitre le 25 août 1825, n°1 Place du Palais (actuel angle de la rue Delgrès et du quai Lardenoy), Louis-Gaston de Sonis est l’une des grandes figures militaires françaises du XIXᵉ siècle. Il est le fils d’un lieutenant au 13e d’infanterie de l’armée, Jean-Baptiste-Charles-Gaston de Sonis, et de Marie-Elisabeth-Sylphide de Bébian née en 1803 à Morne-à-l’Eau (Guadeloupe) et décédée le 5 juin 1835 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), à l’âge de 32 ans, demi-soeur d’Auguste Bébian.
Il quitte la Guadeloupe avec sa famille dès 1832 pour la « métropole », où il poursuit ses études avant d’intégrer l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

Officier de cavalerie, il participe à plusieurs campagnes militaires en Algérie, en Italie et au Maroc. Sa bravoure lui vaut une ascension régulière dans la hiérarchie militaire jusqu’à devenir général de division. C’est toutefois durant la guerre franco-prussienne de 1870 qu’il entre dans l’Histoire. À la tête du 17ᵉ corps d’armée, il se distingue lors de la bataille de Loigny, le 2 décembre 1870. Gravement blessé, il passe une nuit entière sur le champ de bataille avant d’être amputé de la jambe gauche quelques jours plus tard.

Profondément catholique, Louis-Gaston de Sonis est également connu pour son engagement religieux. Refusant de participer aux mesures visant les congrégations religieuses, il demande sa mise en disponibilité en 1880. Il termine sa carrière au ministère de la Guerre avant de mourir à Paris le 15 août 1887, à l’âge de 61 ans. Son procès en béatification a été ouvert en 1928, témoignant de la réputation de sainteté qui lui est restée.

Quelques années avant sa mort, il décide de réunir des notes sur sa vie, destinées à sa famille.
Quelques textes nous sont parvenus tels des souvenirs de Pointe-à-Pitre :
« [...Je me rappelle mes longs regards sur la mer dont mes yeux ne savaient pas se détacher, et qui laissait à mon âme une tristesse profonde dont je ne pouvais me rendre compte. Vue des fenêtres de notre maison, la rade de Pointe-à-Pitre offrait un magnifique spectacle. Elle était parsemée d’îles appellés « ilèt » (îlets), à cause de leur petitesse. Ainsi par terre sur le balcon, j’aimais admirer cette belle nature et à écouter les chansons des matelots, dont le bruit lointain parvenait comme une vague harmonie à mes oreilles...] « 
ou encore :
« [Je me souviens aussi de l’église de la ville, située à l’extrémité de cette même place, à côté des rochers abrupts qui la terminent] « 

Aujourd’hui, son nom demeure associé à plusieurs lieux en France. En Guadeloupe, le quartier Sonis, situé sur le territoire des Abymes, à la limite de Pointe-à-Pitre, perpétue le souvenir de cet enfant du pays devenu l’un des généraux les plus célèbres de son époque. Ce toponyme rappelle le lien durable entre la Guadeloupe et celui qui naquit à Pointe-à-Pitre avant de connaître une destinée nationale.

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