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Coup de cœur

Maison Victoire

Lecture : 6 min.

A l’occasion de l’inauguration le 18 mars 2023 du boutique-hôtel Maison Victoire situé au 24 rue Barbès, après 2 ans de travaux, nous avons rencontré la propriétaire de ce bel immeuble des années 1930 que nous tenons vivement à féliciter pour le travail de préservation et de réhabilitation du patrimoine de notre ville.

Façade de la Maison Victoire au 24 rue Barbès.
Crédit : David Grégoire.

PP : Bonjour Pauline Montauban, tout d’abord, qu’est-ce qui vous a motivé à choisir Pointe-à-Pitre, à venir investir à Pointe-à-Pitre ?

PM : « Je dirais l’amour du Patrimoine, de l’architecture mais aussi la déception de voir ce qui est fait du Patrimoine à Pointe-à-Pitre et plus largement en Guadeloupe. Plusieurs villes de la Caraïbe ou d’Europe ont réussi à mettre en lumière leur patrimoine riche et en faire quelque chose avec une valeur ajoutée, comme San Juan (Porto Rico) par exemple. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire en Guadeloupe et qu’il fallait que l’on essaie nous aussi de mettre à l’honneur notre patrimoine architectural qui est riche et magnifique mais laissé à l’abandon. »

Le salon d’accueil et son bar.
Crédit : David Grégoire.

PP : Comment avez-vous procédé au départ ?

PM : « La volonté première a été d’acquérir un bien à Pointe-à-Pitre, dans l’ancien avec une architecture traditionnelle. Au départ, je n’avais pas forcément flashé sur la façade de l’immeuble qui abrite aujourd’hui la Maison Victoire. Le projet initial se situait sur la Place de La Victoire mais, pour diverses raisons, nous n’avons pas pu faire l’acquisition de ce premier immeuble. Je me suis alors mise en quête de trouver un autre immeuble assez grand et adapté au projet. »

PP : Quelle était la nature de ce projet ?

PM : « Avec l’envie de mettre en valeur notre patrimoine, l’idée d’un hôtel me paraissait avoir du sens. C’est un projet qui permet d’allier la mise en avant de l’architecture, la mise en valeur du patrimoine gastronomique, à travers la création d’une partie restauration, mais aussi plus globalement la mise en valeur l’art de vivre Créole par la façon d’accueillir notamment avec la notion d’hospitalité guadeloupéenne.
L’hôtellerie combine tous ces éléments afin de mettre en lumière le patrimoine matériel et immatériel guadeloupéen et pointois. »

Coursive menant au 1er étage.
Crédit : David Grégoire.
Une chambre située au 2eme étage.
Crédit : David Grégoire.
Une chambre située au 1er étage.
Crédit : David Grégoire.
Crédit : David Grégoire.

PP : Quelles ont été les démarches administratives nécessaires ?

PM : « J’ai d’abord tenté de comprendre les objectifs et ambitions de la ville de Pointe à Pitre à travers les projets retenus par le programme “Action Cœur de Ville”, et j’ai compris que le montage de projet avec la structure qui aurait pu porter le projet ne m’aurait pas permis d’en bénéficier, étant déjà une structure commerciale. J’ai donc contacté le cabinet d’urbanisme C2R, mandaté par la ville dans le cadre de l’OPAH RU. On a pu définir ensemble les dispositifs, les soutiens et les aides disponibles pour notre projet dans le périmètre géographique dans lequel se situe l’immeuble. Nous avons également été mis en contact avec la DAC notamment concernant les subventions inhérentes à la préservation de la façade mais aussi certains éléments architecturaux remarquables comme notre escalier en bois et sa marqueterie et autres mobiliers. Nous avons bénéficié d’avis consultatifs de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF).

Marqueterie sur un poteau d’arrivée de l’escalier.
Crédit : David Grégoire.

Question urbanisme, une demande de permis de construire a été déposée au service urbanisme de la ville. Nous avons dû constituer un dossier incluant une demande de dérogations; En effet, certaines normes comme celle de l’accessibilité aux PMR ne peuvent pas forcément être appliquées et des demandes de dérogations au titre du Patrimoine peuvent être faites. »

PP : Avez-vous trouvé en Guadeloupe des artisans et corps de métiers spécifiques à ce type de chantier ?

PM : « Oui, notamment la reprise des garde-corps d’origine en ferronnerie datant des années 1930 mais aussi la remise en état des menuiseries d’origine.
Les garde-corps ont été déposés puis sablés*. Une peinture antirouille a ensuite été appliquée.

Ce qui peut être vu comme une difficulté c’est, de prime abord, le manque de compréhension de la part de certains artisans de garder l’ancien sur un chantier. Très souvent la réflexion est faite de faire du neuf, de ne pas se “prendre la tête” à rénover de l’ancien…et finalement, quand tout s’assemble, ceux sont les premiers à être fiers du travail fini, notamment sur les robinets anciens, ou encore de garder des imperfections afin de conserver le caractère patrimonial, le vécu de la bâtisse.
Le but est de moderniser le lieu tout en préservant notre patrimoine. »

*Sablage : Le procédé du sablage consiste à projeter un abrasif à grande vitesse, par jet d’air comprimé afin de le décaper.

Ferronnerie d’un garde-corps.
Crédit : David Grégoire.

PP : Qu’est-ce qui est le plus marquant sur la façade ?

PM : « Certains éléments en métal comme les volets en accordéons qui, pour certains, ont dû être fabriqués à l’identique car les anciens, abîmés, étaient tombés. A noter que les volets ont été ajoutés postérieurement à la construction de l’immeuble.
Par ailleurs, les volets en accordéons étaient en meilleur état que les garde-corps. Concernant ces derniers, nous avons dû les rehausser afin de répondre aux normes actuelles de sécurité. »

Des volets côté façade rue Barbès.
Crédit : David Grégoire.

PP : Concernant la destination commerciale du lieu, quelles sont les contraintes ?

PM : « Dans la partie restaurant, nous avons dû nous soumettre à la remise aux normes actuelles. Nous avons choisi l’induction pour minimiser les risques d’incendie. »

PP : Pourquoi “Maison Victoire” ?

PM : « Étant fan de Maryse Condé, j’ai souhaité rendre hommage à sa grand-mère, Élodie Victoire Quidal, dont elle parle dans son roman autobiographique “Victoire, les Saveurs et les Mots”, dédiée à cette grand-mère qu’elle n’a pas connue. Victoire était une cuisinière pointoise. Ce nom, pour moi, avait du sens pour le premier établissement du groupe.

Crédit : David Grégoire.
Le toit-terrasse et son bar.
Crédit : David Grégoire.

Pour finir, un tel projet représente un certain coût et parfois, pour certains cela pourrait être décourageant, mais il faut tenir. Pointe-à-Pitre a besoin de projets, d’initiatives et d’investissements.
Ensemble nous pourrons faire revivre cette belle ville. »

Crédit : David Grégoire.

Propos recueillis par Patrimoine Pointois.

Retrouvez l’actualité de Maison Victoire sur Instagram.
Sur internet : Maison Victoire
Localisation : rue Barbès, Pointe-à-Pitre

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Histoire

L’histoire du Centre des Arts et de la Culture

Lecture : 3 min.

En 1965, la municipalité de Pointe-à-Pitre désire faire construire un centre des arts mais également un espace politique.
L’idée de la construction du Centre des Arts et de la Culture est émise par le maire mais le ministre des Outre-mer ne suit pas l’idée. En effet l’état garantissait une prise en charge des travaux à 50% à condition que la gestion du centre soit indépendante et apolitique. 

Le bâtiment est donc réalisé sans argent direct de l’État, mais avec des prêts de la Caisse des Dépôts et Consignations et des fonds propres de la mairie. 

Le 23 février 1976 la construction du Centre des Arts et de la Culture débute sur d’anciens terrains marécageux des faubourgs, occupés par des « kaz 4 ròch » ou « on dé pyès kaz », à l’emplacement du Faubourg Bébian et proche de l’ancien canal longeant les boulevards Faidherbe (boulevard extérieur) et Hanne (boulevard intérieur).
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En rouge, la délimitation du futur Centre des Arts et de la Culture. Collection privée.

Il est conçu par Jean Le Couteur, architecte et inventeur de la ville balnéaire du Cap d’Agde, dans le sud de la France, ou encore de la cathédrale du Sacré-Cœur d’Alger ainsi que de nombreux édifices en béton à travers le monde.
Il est aussi le concepteur de la Cité du Raizet pour l’opération « Terrain Caruel« .

Le 1er novembre 1977 « l’anneau brisé » est inauguré, face à la mairie. Il est réalisé par le sculpteur Henri Martin-Granel.
Allégorie de la Liberté, il est le 1er mémorial en Guadeloupe dédié aux héros de la lutte contre le rétablissement de l’esclavage en 1802 tels Delgrès, Ignace, Solitude, Monnereau, Marthe Rose et tous les autres. Géolocalisation

Toujours en 1977, la première manifestation culturelle s’y déroule. L’inauguration « officielle » du Centre a lieu le 23 mars 1978. La même année, la sculpture « La Ronde de l’Amitié« , conçue par le sculpteur Jean-Claude Echard, est installée aux abords du bâtiment.
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En 1989, le groupe Kassav’ y fête ses 10 ans de carrière :


Comme Kassav’, de nombreux artistes de tous horizons s’y produisent tel Miles Davis, le jazzman, qui y joue le mercredi 7 février 1990 à 20h :

Le 31 décembre 1992, l’association « Jazz à Pointe-à-Pitre« , ayant son siège au Centre des Arts et de la Culture, est créée.

Le Centre ferme ses portes en 2009 après 32 ans d’activités.
Il aura accueilli tant d’artistes, tant de concerts !
Nombre de guadeloupéens se souviennent encore des cours de piano, des cours de danses, du salon du livre au mois d’avril ou des spectacles pour enfants le mercredi après-midi…

De 2015 à 2019, les travaux de confortement parasismique de la grande salle sont effectués ainsi que la construction de la nouvelle partie, plus grande que l’ancienne démolie quelques années auparavant.

Aujourd’hui, le gros œuvre est quasiment terminé. L’habillage intérieur et extérieur ainsi que les réseaux restent à réaliser.
Le 5 juillet 2021 et ce pendant plus d’un an, le Centre des Arts et de la Culture a été occupé par un Kolektif d’artistes qui y organisait de nombreux évènements culturels et des visites et réclamaient aux décideurs que ce lieu de vie d’arts et de culture soit terminé et remis à nouveau à la disposition du public.

Il est temps d’écrire la suite de l’histoire de ce lieu mythique…
Pour Pointe-à-Pitre
Et pour la Guadeloupe ! 

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Histoire

31 mai 1764

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En ce 31 mai, notre ville de Pointe-à-Pitre fête son anniversaire.
(Re)découvrez son histoire dans la vidéo :

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Ti kamo Lapwent

La Renaissance

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L’histoire de la Renaissance, place de la Victoire; une histoire singulière :

En 1927, quatre pointois décident de créer une société (la société du théâtre de Pointe-à-Pitre) afin de lancer une souscription. Ils récolteront 400.000 francs de l’époque.

La parcelle est choisie à l’emplacement d’une ancienne écurie.

La façade a été conçue par un professeur de dessin pointois du lycée Carnot, monsieur Gabriel.

La Renaissance représente l’arrivée du cinéma en Guadeloupe.

La Renaissance est un monument historique inscrit depuis 2009 à l’histoire Pointo-Pointoise qui fait partie intégrante de la dynamique urbaine de la place de la Victoire.

De nombreux Pointois et Guadeloupéens y ont vu leur premier film, ont assisté à leur premier concert, aux remises de prix du lycée Carnot, aux jeux floraux…Cet édifice fait partie de l’âme de Pointe-à-Pitre.

Pour la sauvegarde de la façade de la Renaissance signons la pétition :